|
Société Colombophile "Les Mal Partis" d'ENQUIN-LES-MINES
|
|
SOMMAIRE * le logement * l'utilisation des pigeons * la morphologie * le plumage * le squelette * la circulation sanguine * l'appareil respiratoire * l'appareil digestif * l'appareil génital * le retour instinctif * l'orientation * les concours * des pigeons * des éleveurs * L'enlogement * Le transport * Les lâchers * Les constatations * Le dépouillement * Le résultat * Le classement * La notation * Le jugement alaire * Généralités * Organisation * Les groupements * Les associations
|
La
domestication des pigeons remonte à la plus haute Antiquité : Aristote, déjà,
qui vivait 3 siècles avant J.-C., parle des pigeons de Grèce. La Colombophilie
est donc un sport relativement ancien et c'est pourquoi il nous semblait
important de retracer son historique.
Aristote, qui vivait trois siècles avant J.-C., rapporte que les pigeons de Grèce produisaient 10 à 11 fois l'an, ce qui indique une domestication certaine. Au 1er siècle de l'ère chrétienne, Pline l'Ancien écrit dans son Histoire Naturelle que les Romains bâtissaient des tours pour les pigeons.
Ces tours, souvent rondes, parfois carrées, étaient divisées en deux étages, l'étage supérieur étant réservé aux pigeons. Les murs de ces pigeonniers étaient pourvus de trous, ou boulins, où pondaient les oiseaux. Un arbre central, pouvant tourner sur son axe, supportait, au moyen de potences, deux ou quatre échelles, qui permettaient de visiter les boulins pour saisir les pigeonneaux. Les murs étaient lisses sans aucune saillie, afin que les chats ou les bêtes nuisibles ne puissent y grimper.
Quand le
droit de colombier fut supprimé par la Révolution, le 4 août 1789, l'élevage des
pigeons connut en France une très grande vogue. Ceci fut sans doute dû au profit
que les particuliers pouvaient en tirer, mais certainement aussi à la
satisfaction de pouvoir jouir d'un nouveau droit jusqu'alors réservé aux
seigneurs.
Moïse raconte qu'après le
déluge, alors que les eaux recouvraient encore la terre, Noé lâcha une colombe.
Celle-ci revint à l'arche, portant un rameau d'olivier. La Légende de cette
colombe nous montre déjà l'attachement des gens à ces oiseaux. L'instinct et la volonté qui
poussent nos pigeons à revenir vers leur point de départ sont connus et utilisés
depuis les premiers temps de la civilisation. Les Égyptiens, les Perses, les
Chinois et les Grecs, utilisaient les pigeons voyageurs comme messagers lors de
leurs campagnes de guerre, ou pour la politique et le commerce. Des serviteurs
colombophiles étaient spécialement affectés à leurs soins et à leur transport. Les Romains comprirent dès
le début de leurs conquêtes les avantages qu'ils pourraient en tirer. Ils
bâtirent d'énormes pigeonniers pouvant contenir 4 à 5.000 pigeons. Ils se
servaient des pigeons messagers en toutes occasions. Le siège de Modène par Antoine, en l'an 43 avant J.-C., vit cet usage appliqué pour la première fois à l'art militaire. Le consul Hirtius envoya à Decius Brutus, commandant de la ville, une lettre attachée au cou d'un pigeon par un fil de soie. A son tour Decius Brutus dépêcha au camp des consuls un pigeon porteur d'une missive attachée à l'une de ses pattes. On pense que Pline l'Ancien a fait allusion à cette manière toute nouvelle de correspondre avec les siens en temps de guerre, lorsqu'il décrit dans son Histoire Naturelle : "A quoi servent les remparts et les sentinelles et le blocus, quand on peut faire parvenir des nouvelles à travers l'espace."
Charlemagne rend l'élevage du pigeon "privilège nobiliaire". Pratiquement tous les châteaux, fermes seigneuriales, abbayes possédaient une tour à pigeons. Celle-ci pouvait contenir jusqu'à 5.000 pigeons et attestait de la richesse et de la puissance de son propriétaire. Les seigneurs les employaient comme messagers commerciaux, politiques et porteurs de renseignements en temps de guerre. Ils ont servi pendant les Croisades Religieuses. Lorsque les chrétiens arrivèrent en Orient pour conquérir Jérusalem, il existait un service de poste par pigeon. Dans le poème du Tasse La Jérusalem est délivrée, l'auteur écrit : La poste
par pigeon fut également mise à l'honneur par le Sultan Saladin, lors du siège
de Ptolémaïs. C'est par ce même moyen que le débarquement de Saint-Louis en
Égypte fut annoncé au Sultan du Caire et que furent appris les résultats de la
bataille de Mansourah, si désastreuse pour les chrétiens. Les corsaires de Dunkerque et de Saint-Malo utilisaient des pigeons avec une technique toute particulière. Elle consistait à envoyer une barque de reconnaissance au large avec quelques pigeons. Dès qu'une proie était repérée, on lâchait les pigeons. Ceux-ci indiquaient, en tournant pour s'orienter, la position du bâtiment convoité.
Il fallut attendre la Révolution de 1789 pour voir abolir ce privilège. Dans presque tous les cahiers de doléances, on trouve trace de dégâts occasionnés par les pigeons de châteaux aux cultures. La Révolution donna à tous le droit de détenir des pigeons. Des colombiers se bâtirent un peu partout, surtout pour en retirer de la viande bon marché : le pigeon se nourrissait dans les champs dès les beaux jours et, en les habituant, l'hiver, on pouvait leur faire manger un peu de tout. Mais le goût du jeu étant très développé à cette époque, des concours sont organisés en 1800 dans le Nord de la France et en Belgique. C'est le début d'une sélection sévère qui aboutira au vrai pigeon voyageur. En 1806, les financiers de l'époque comprennent l'intérêt que représente le pigeon messager pour la transmission d'une information. Aussi n'hésitent-ils pas à louer à prix d'or des pigeons bien entraînés. C'est ainsi que Rothschild, apprenant la défaite de Napoléon à Waterloo par pigeon messager, disposa avant tout le monde d'une information qui lui permit une excellente spéculation boursière qui fut à l'origine de sa fortune. A Anvers, les propriétaires de bateaux de transport marchand faisaient emmener sur ceux-ci de nombreux pigeons. Quand les marins n'avaient plus que quelques jours de mer à voyager, ils lâchaient ceux-ci avec des messages indiquant la marchandise transportée. A l'arrivée du bateau, celle-ci était déjà vendue. C'est ainsi que cette ville avec ses 25.000 pigeons sélectionnés, était en 1846 la première ville colombophile au monde. Pendant
le siège de Paris en 1870, 64 ballons chargés de pigeons quittèrent la ville.
Ils étaient destinés à rapporter à la capitale, assiégée par les troupes
allemandes, des nouvelles du Gouvernement. Les dépêches étaient miniaturisées
par un procédé mis au point par le photographe Dragon, qui s'était fait
remarquer en réduisant une photo représentant 400 députés sur une pellicule de 2
millimètres carrés. Grâce à ce procédé, chaque pigeon pouvait transporter 3.000
dépêches sur une pellicule de 3,5 mm2. Les pigeons étaient chassés par les Uhlans, lanciers de l'armée allemande et par les paysans qui avaient déclaré la guerre aux pigeons. Leur action avait pris une telle ampleur que Gambetta avait édicté la peine de mort contre quiconque serait surpris tirant sur l'un d'eux.
Le 6
septembre, décision fut prise par le Préfet du Nord, à l'initiative de M. Hassebroucq, Président du Tribunal de Commerce de Roubaix, d'envoyer à Paris,
avant que les lignes de chemins de fer ne soit coupées, des pigeons pour ramener
des nouvelles de la capitale. Mille cinq cents pigeons furent réunis dans les
villes de Roubaix et de Tourcoing et on fait appel à deux colombophiles, J.
François de Tourcoing et H. Leman de Roubaix pour les accompagner. Après la guerre de 1870, l'armée en tire les leçons qui s'imposent. Coetquiden et Montoire deviennent les principaux centres d'instruction colombophile militaire. Vers 1900, les pigeons sont embarqués sur les bateaux et employés comme porteurs de courrier. Bientôt, ils servent les cours de la Bourse. Bien entendu, il faut d'abord les transporter sur les lieux où ils sont employés avant de pouvoir les relâcher porteurs d'un message. Ce voyage s'effectue souvent à dos d'homme, parfois à cheval.
Pendant la
guerre 1914-1918, l'armée française améliore sa technique : au lieu de
colombiers fixes qui se trouvaient soit très loin du front, soit trop près, ils
utilisent l'araba, qui avance et recule selon le retrait ou la progression de
l'adversaire. L'araba était un autobus à impériale de marque Berliet, transformé
en pigeonnier. Le bas servait de réserve de nourriture et de logement pour le
soigneur. Les soldats qui s'occupaient des pigeons avaient un très grand rôle et
les pigeons revenaient surtout pour eux.
L'utilisation du pigeon soldat a permis de sauver de nombreuses vies humaines.
C'est ainsi que le Capitaine René écrit dans son ouvrage Lorette, une
bataille de 12 mois, octobre 1914 - septembre 1915 :
Pendant
la guerre 1939-1945, 16.500 pigeons anglais furent parachutés en France, afin de
rapporter au commandement allié des renseignements sur les lignes ennemies. Les
Allemands avaient spécialement dressé des faucons pou les attaquer en vol.
Des années
1800 à 1960, le sport colombophile a connu un essor considérable, surtout dans
les cités minières du Nord de la France, en Belgique, en Allemagne et en
Hollande. Les colombiers fleurissaient partout car les pigeons ne coûtaient pas
cher à nourrir et les colombophiles ne se préoccupaient guère de permis de
construire, d'environnement ou d'autres considérations sanitaires. La
colombophilie devenait un sport populaire et démocratique. Quand survient l'avènement de l'automobile, vers 1965, les gens partent de plus en plus nombreux en vacances et certains ne tiennent pas à être ennuyés par le soin à accorder à leurs pigeons pendant leur absence. La télévision, les permis de construire... achèvent d'en décourager d'autres et la masse colombophile diminue. Pourtant,
peu à peu, les gens reviennent à la terre et à leurs racines, et il semble que
la colombophilie amorce son renouveau. Le pigeon voyageur n'est plus guère employé comme messager : il a été victime de la concurrence du télégraphe, puis du téléphone et de la radiophonie (TSF). Mais il a encore servi pendant les deux dernières guerres, car c'est un messager que l'ennemi ne peut neutraliser, à moins de l'abattre. L'armée française possède encore un colombier au Mont Valérien, à Suresnes, dans la banlieue parisienne, et quelques pigeonniers mobiles. Des hôpitaux emploient les pigeons voyageurs pour transporter leurs produits à analyser de l'hôpital au laboratoire (par exemple, de Granville à Avranches, dans la Manche). Les habitants des îles isolées les utilisent de la même façon pour se relier au continent. C'est plus rapide et plus économique que le bateau ou la voiture. Le pigeon ne craint pas les embouteillages. La NASA,
qui connaissait des problèmes de fuites de renseignements, est venue acheter des
pigeons voyageurs à Roubaix et les secrets-défenses américains voyagent
désormais souvent attachés aux pattes de nos messagers. Il existe aussi de grands élevages de pigeons destinés à la consommation, mais je ne sais pas si l'on peut qualifier ces pigeons de "voyageurs".
|
|
Dernière mise à jour : le 30/04/2007 11:40:58 Envoyez un courrier électronique à
Marie100988@aol.compour toute question ou remarque concernant ce site Web.
|